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Histoires de poils et de couleurs.
Le dernier Garnier Ultra Doux m'a bien fait rire aujourd'hui: il est spécialement conçu pour les cheveux "extraordinaires". "Extraordinaires"!!! Mouah aha ahahahahahahahaha... J'ai cru que j'allais pas pouvoir m'arrêter de rire. On commence enfin à réaliser que les noires françaises constituait une catégorie de consommateurs indéniablement exploitable. Du coup, depuis environs trois mois, en regardant les pages de pub, on a pu remarquer que les noires s'épilaient (pub de rasoir électrique avec une espèce de glaçon pour anesthésier la peau), elles boivent du soda tout en pensant à leur ligne (Taillefine fizz), elles se lavent les cheveux et utilisent même parfois du gel douche (Dove), et enfin, tout comme les femmes à peau sensible ont du mal à trouver un bon démaquillant (Evian affinity), ou les blondes un shampoing qui ne déssèche pas leur chevelure (Shampoing le Petit Marseillais / mais si, la pub où les enfants confondent le balai avec leur maman / vive les gosses ), les noires ont elles aussi leur petit problème beauté:
leurs cheveux extraordinaires.
Je crois que le terme extraordinaire désigne les cheveux épais, très bouclés, difficiles à lisser et à déméler. Bon. La jolie noire de la pub a de somptueuses petites bouclettes à la Noémie Lenoir, les cheveux de mes rêves.
Quel terme vont-ils choisir lorsqu'ils réaliseront que les noirs ont très souvent des cheveux crépus, c'est à dire tellement frisouillés qu'il est impossible de discerner une seule boucle, qui ne se coiffent qu'à la mode afro ou avec des nattes?? Les paris sont lancés, la Soeur opte pour cheveux "d'extra-terrestres", la Mam pour cheveux durs, et moi, j'en ris d'avance. |
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Histoire de goûts e t de bourrelets.
On a passé une chouette soirée hier, entre filles, à trois. Pamouli était crevée après sa journée de travail et Minie contrariée parce que Monsieur DJ Félix from La Rochelle lui ferait la gueule. "Tu devrais arrêter de vouloir plaire à tout le monde", je lui dis, lassée de la voir déprimer pour si peu. De fil en aiguille, la conversation dévie sur l'estime qu'on a de soi, sur le regard des autres, et inéluctablement sur la dictature de la balance. Depuis que je la connais, Minie a du perdre 10 kg. Elle en est fière, et ne rate jamais une occasion de me rappeler qu'en terminale, pendant une parès-midi Tpe, je lui avais dit qu'elle ne pourrait jamais perdre plus de poids. Elle continue en disant "j'ai perdu 7kg depuis". Apparemment je l'avais vexée, ce jour-là. J'ai beau essayer de lui expliquer que je pensais qu'elle ne pouvais pas perdre plus tout simplement parce qu'à mes yeux, elle avait déjà assez maigri, je n'arrivais pas à voir ce qu'elle pouvait lester de plus. L'avenir m'a prouvé le contraire. Je pourrais m'en réjouir, me dire qu'après tout, si elle se sent mieux comme ça, tant mieux. Sauf que la pauvre se fait souffrir pour toujour perdre 1 gramme en plus. Je crois que ce qui m'a le plus choquée, c'est lorsqu'elle a dit qu'elle aimerait être faite comme Teri Hatcher de Desperate Housewives. Je le trouve hideuse, elle a si peu de formes que lorsqu'on la voit de dos, on croit voir les fesses d'une gamine de trois ans.
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Le ton monte, (si peu, en fait, parce qu'on sait l'une comme l'autre que nos avis sont aux antipodes sur ce sujet): "Tu veux ressembler à Teri Hatcher?? ouais, c'est ça, et ensuite ce sera Victoria Beckham...". Je sais qu'elle est sérieuse, et j'ai vraiment envie de lui faire changer d'avis en lui ouvrant les yeux, alors je balance que Teri Hatcher, Poosh Spice et N. (ma copine de fac anorexique) mèente exactement le même combat et qu'elles sont toutes aussi pathétiques les unes que les autres. Pathétiques au sens propre, c'est à dire que devoir les regarder me fait sincèrement ressentir de la peine. Un peu comme écouter une chanson qu'on déteste: ça me met mal à l'aise, comme une tension au niveau des épaules et de la nuque... Ce qui m'est le plus incompréhensible, c'est d'être obsédée à ce point par son image. Il suffit de décortiquer le fil de la conversation: elle débutait par l'envie d'être appréciée et finissait par une polémique sur les régimes. Comment l'avènement du règne des apparence a-t-il pu se mettre en place alors que la beauté ne sera jamais que subjective? La réponse, en réalité, on la connait tous plus ou moins, et pourtant, on contribue tous à perpétuer cette idéologie. J'étais la première à chercher à lisser mes cheveux crépus jusqu'à que je me rende compte cette semaine que les bouclettes, c'était joli, aussi. J'ai l'impression de revendiquer un droit au bourrelet quand j'affirme ne pas vouloir maigrir mais -nuance- raffermir; alors qu'au bout du compte, je veux juste être aussi bien faite que la gamine de 17 ans qui danse dans son clip de r'n'b... On est toutes rassurées lorsqu'on voit les pubs de Dove et Passionata, parce qu'après tout, la vraie vie, c'est aussi un peu de gras mal placé, pourtant on n'est que 2%* à se sentir belles! J'ai envie de dire "je suis grosse, et alors?" mais la vérité, c'est que je ne me trouve pas grosse du tout. mon problème, c'est surtout de l'assumer: je veux aps qu'on me prenne pour une personne narcissique parce j'ose assumer mes 56 kg pour 1.64m sans rêver de peser 50kg. Depuis quand être "normale", c'est être complexée?
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